Glorieux anciens : Gérard Francescon, toujours sur le Pont
Joueur emblématique du SO Pont-de-Chéruy durant près de deux décennies, Gérard Francescon a laissé son empreinte au sein du club isérois.
De l’école de foot de l’AS Saint-Etienne aux joutes de D3 dans les années 80-90 avec le club pontois, la carrière de l’emblématique défenseur aurait pu connaître une trajectoire encore plus fulgurante sans une vilaine blessure à un moment clé.
Aujourd’hui recruteur pour le FC Sochaux, Gérard Francescon a des souvenirs plein la tête.
Face à une certain Patrick Revelli...
Son père, cycliste, l’avait poussé à embrasser une carrière de sportif. Mais Gérard Francescon n’est jamais monté en selle, préférant garder le pied sur le ballon. Sa septième bougie à peine soufflée, l’originaire du quartier du Chambon-Feugerolles tomba dans la marmite et prit une licence à l’AS Saint-Etienne. Un choix fait sans arrière-pensées pour celui qui ne cessera jamais de respirer football.
Vint ensuite l’heure du déménagement au début des années 70. Le Stéphanois passait à l’ennemi, direction la banlieue lyonnaise. L’AS Pusignan, alors sur le devant de la scène, l’accueillit pour une pige. Ca crevait les yeux : le gamin avait quelques dispositions pour le foot.
Désireux d’évoluer, le cadet enfila le maillot du SAL Saint-Priest (ex-AS Saint-Priest) quatre saisons durant, pour le meilleur, soit un quart de finale de Gambardella, comme pour le pire : la génération dorée ne fit pas de vieux os, le groupe éclata en 1975. Il était temps de prendre une autre direction en ralliant un club plus ambitieux.
Le grand rival, l’armada SO Pont-de-Chéruy l’attendait pour le grand saut vers la catégorie séniors. L’idylle dura dix-neuf ans, si l’on omet « l’incartade » US Meyzieu et UGA Décines (une saison dans chaque club). Pont-de-Chéruy, la cheville ouvrière, par opposition au FC Charvieu, alors plus bourgeois. Sa seule évocation faisait frémir les visiteurs.
Habité par une bande de copains évoluant toujours à 200%, le vétuste Stade Grammont était alors une citadelle imprenable où les solides réserves professionnelles se cassaient régulièrement les dents en D3. Point de grillage autour du pré mais une tribune en bois accueillant un public fiévreux chaque dimanche.
Le professionnalisme, un rêve touché du doigt
L’affluence, la quatrième plus importante de France à ce niveau, pouvait grimper jusqu’à 6000 spectateurs lors du derby contre les Sanpriots. Pas mal pour un bourg de 4000 âmes ! Les locaux se sentaient pousser des ailes. Les adversaires avaient les genoux flageolants.
Une atmosphère idéale pour Gérard Francescon, qui s’est rapidement forgé une solide réputation de défenseur aussi rugueux que polyvalent. A gauche, à droite, dans l’axe, le grand gabarit était dur sur l’homme mais également un relanceur de choix. Sous la houlette de Marcel Leborgne, pas de cadeaux : c’était « marche ou crève ». L'entraîneur, avec qui l'entente a abouti à un divorce, restera gravé dans a mémoire du défenseur. Francescon haïssait la défaite, se forgeant un caractère hors-normes.
Malheureusement, il n’y a pas de carrière sans une foutue blessure. Celle que subit Gérard Francescon peu avant ses 22 ans lui fit rater le bon wagon, celui qui lui promettait quelques destinations alléchantes. Le blessé de guerre ne vit ni Grenoble, particulièrement intéressé, ni Nîmes, ni Ajaccio en D2, pas même le Strasbourg de Gilbert Gress.
Un tournant pas si malheureux que ça, puisque ce grand joueur de club aura vécu une aventure humaine extraordinaire au SO Pont-de-Chéruy en dépit de regrets légitimes. Une aventure qui lui aura permis de s’attirer la reconnaissance et le respect de ses pairs. Aujourd’hui encore, Gérard est appelé à droite et à gauche. Histoire de refaire le monde du ballon rond, de partager sa science du milieu… de « son » sport, toute sa vie.
Fidèle parmi les fidèles, il ne raccrocha les crampons qu’en l’an 2000 à l’âge de… 42 ans. Le SO Pont-de-Chéruy avait dégringolé jusqu’en PHR, mais peu importe ! La passion habite toujours Gérard Francescon qui met aujourd’hui son flair au service du FC Sochaux, fleuron de la formation hexagonale et récent vainqueur de la Coupe Gambardella. Recruteur pour le club doubiste, il n’a pas fini de d’écumer les bords de terrains à la recherche des perles de demain.
Fabrice Dufaud
Gérard Francescon digest
Né le 10 mai 1958 à Saint-Etienne
Ancien poste : défenseur
Activité : recruteur au FC Sochaux-Montbéliard
Parcours en jeunes : AS Saint-Etienne (1965-1971), AS Pusignan (1971-1972), SAL Saint-Priest (1972-1976), SO Pont-de-Chéruy (1976).
Parcours en séniors : SO Pont-de-Chéruy, US Meyzieu, UGA Décines (1992-1993), SO Pont-de-Chéruy (1993-2000)
Fin de carrière à 42 ans
Voir l'interview de Gérard Fransescon (deuxième patie en bas de page)
Avec les cadets de l'AS Saint-Priest (1er joueur en partant de la gauche, debout). L'un de ses coéquipiers s'appelait Luis Fernandez (Accroupis, 2ème en partant de la droite)
Avec le SO Pont de Cheruy (debout, 2ème en partant de la gauche)
Une époque ou 4000 personnes pouvaient se masser dans les tribunes du stade Gramond...
L'époque des copains aussi au SO Pont de Cheruy (2ème en partant de la gauche)...
Des copains qui n'hésitaient pas à se retrouver pour des matchs d'anciens (debout, 2ème en partant de la gauche)
Avec d'anciens Lyonnais (debout, 3ème en partant de la droite)
Gérard Francescon - Deuxième partie : le SO Pont de Cheruy, 19 ans au club, le match de Morne à l'eau, les Dauphins, les Gônes de Lyon, la passage pro avorté, recruteur pour le FC Sochaux
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